En cette fin de l’année, Labo RH s’est penché sur différents concepts de productivité que les ressources humaines pourraient mettre en avant-plan pour l’année 2021. Pour bien commencer cette série de 10 articles, Labo RH se penche notamment sur le cycle travail-pauses au sein des entreprises. Bien qu’on soit en télétravail, dans un bureau restreint ou autre, il faut absolument garnir nos journées de pauses pour de se ressourcer. Mieux encore, il serait préférable de planifier nos pauses pour améliorer substantiellement notre créativité et notre efficacité. Pour ce faire, voici ce qu’on raconte à ce sujet.

D’où provient la loi d’Illich?

On reconnaît notamment à l’Autrichien Ivan Illich le concept de contre-productivité. Ce philosophe est reconnu comme une figure importante en matière de critique de la société industrielle. Il explique principalement que lorsqu’on atteint un seuil critique, un seuil pervers apparaît, la contre-productivité. Par exemple, lorsque les communications deviennent denses et envahissantes, plus personne n’écoute ou ne se fait entendre. La situation actuelle sur les réseaux sociaux et sur les différents médias d’information illustre bien ce concept. Par ailleurs, c’est le même phénomène qui se produit lorsqu’on prolonge trop notre session de travail au détriment des pauses.

Labo RH et la loi d’Illich

C’est spécifiquement pour contrer la contre-productivité que plusieurs auteurs affirment que les pauses sont des impératifs, afin d’assurer l’efficacité et le bonheur au travail de vos employés. Même si on en connaît beaucoup plus à ce sujet aujourd’hui, certaines études font mention que seulement 38,3% des employés européens peuvent prendre une pause au moment de leur choix. 47,5% des hommes peuvent prendre leurs pauses quand ils veulent, mais seulement 41% des femmes ont la même possibilité. Des inégalités se présentent également selon l’âge des travailleurs.

La loi d’Illich et la planification du travail

Afin de mieux planifier le travail de vos employés en accord avec la nature de votre industrie, voici quelques horaires atypiques étudiés :

  • La méthode du 52/17, vous alternez 52 minutes de travail avec 17 minutes de pause. Cette méthode semble compatible avec les nouvelles générations qui sont constamment bombardées par la technologie. Elle fonctionne bien, parce que les employés travaillent avec un objectif à court terme à atteindre tout en améliorant leur productivité. Elle améliore aussi le bonheur au travail par une succession de microaccomplissements. Bref, on termine la journée avec un réel sentiment d’appartenance et d’accomplissement général.
  • Les sessions de 90 minutes de travail et 20 minutes de pause s’appuient essentiellement sur le rythme corporel, qui suit des cycles de 90 minutes. D’après le chercheur Anders Ericsson, plusieurs professionnels et artistes bénéficient de cette méthode de travail et affirment avoir une meilleure performance.
  • 2 pauses de 15 minutes par jour, il est de loin le cycle de travail/pauses le plus utilisé. C’est une méthode qui a fait ses preuves lorsque le travail est physique, mais qui présente quelques lacunes pour le travail intellectuel de bureau.
  • La méthode Pomodoro : L’objectif principal de la méthode est de demeurer concentré à 100% sur une seule et unique tâche pendant 25 minutes qu’on appelle session de travail. Par la suite, on prend essentiellement 5 minutes de pause à chaque session de travail. Après 4 sessions, il faut réellement récupérer et sortir à l’extérieur du bureau avec une pause de 20 à 30 minutes. Bien que rudement efficace, la méthode Pomodoro présente plusieurs lacunes dans des environnements de travail ouverts ou lorsque les tâches sont plus longues que 25 minutes. Évidemment, vous avez besoin d’une discipline presque militaire pour la mettre en place.

Enfin, avec la venue des nouvelles générations au sein de votre organisation et les nouvelles méthodes d’organisation du travail, il est essentiel que les ressources humaines informent les employés des meilleures pratiques d’affaires. Aussi, il n’est pas rare de voir les employés choisir eux-mêmes leur mode de fonctionnement au sein d’une organisation. Ultimement en 2020, il est devenu presque impossible de ne pas repenser vos méthodes de travail ou du moins les revisiter, afin de vous assurer que votre entreprise demeure performante et surtout qu’elle puisse attirer de façon naturelle les nouveaux talents.